Jeudi 27 novembre 1997

Jean-Pierre Lizotte

Le poète de Bordeaux

Bateau
Cliquez et écoutez

Il passe dans mon coeur un bateau
Jamais il n'ira sur l'eau
Il reste enfermé dans la vague de la honte
comme un escalier qui monte

Ce bateau n'est pas fait de fer
Il est plutôt tout de chair
Un jour, il a eu un père
qui s'est séparé de sa mère

Il pourrait si bien naviguer
Partir pour l'étranger
Connaître l'amitié
Surtout se sentir aimé

Mais il demeure au port
Au qui du remord
Difficilement, il s'endort
Il a peur de la mort

Il passe dans mon coeur un bateau
Jamais il n'ira sur l'eau
Il reste enfermé dans la vague de la honte
Comme un escalier qui monte

Jean-Pierre Lizotte

Parole: Jean-Pierre Lizotte
Musique: Mohamed Jean Wilder et Johnathan Lippens.
Voix: Mohamed Jean-Wilder
Guitare: Johnathan Lippens.
Percussion: Yvon Georges.

 


Jean-Pierre Lizotte est mort le 16 octobre 1999 à l'âge de 45 ans. Il était un fidel de Souverains anonymes Il disait souvent qu'il était fier d'être Souverain, mais pas anonyme.

Le 27 novembre 1997, les Souverains lui ont rendu hommage dans une rencontre radiophonique. Il était agréablement surpris d'entendre son texte "Bateau" mis en musique par ses camarades de prison.

Jean-Pierre Lizotte était un des prolifiques poètes de Bordeaux. Presque à toutes les rencontres de Souverains anonymes, Jean-Pierre avait un nouveau texte à lire. Et à chaque fois, il était content d'être entendu et applaudis par ses camarades Souverains.

Abla Farhoud est l'auteure du roman "Le bonheur a la queue glissante". Une des phrases de son personnage principal "Mon pays, c'est là ou mes enfants sont heureux"

À cette phrase Jean-Pierre Lizotte avait réagit avec ses mots:

"Salut Abla, je m'appelle JP Lizotte. Depuis 21 ans que je reviens en dedans, la prison est devenue mon pays. Quand je la quitte je deviens immigrant ! Je ressens tout ce qu'un immigrant peut ressentir lorsqu'il s'ennuie de son pays d'origine. Quand je suis en dedans, je veux sortir dehors. Et quand je suis dehors, je m'ennuie du dedans. Parfois je me dis " si j'avais eu une grand-mère ou un grand-père, les choses seraient peut-être différentes pour moi ". Mais comment avoir une grand-mère alors que je n'ai presque pas eu de mère ni de père. Les souvenirs que j'en garde font pleurer. Alors, je ne te les raconterai pas. Mais une grand-mère comme celle de ton roman, ce n'est pas donné à tout le monde.. Alors, je dis à ceux qui ont une grand-mère ou un grand-père, profitez-en.. Merci."

Jean-Pierre avait un grand rêve celui de publier "Voler par amour, pleurer en silence", un livre de témoignage et de réflexion sur son itinéraire de vie.
Jean-Pierre est mort, mais, il est toujours possible de réaliser son rêve.

D'autres textes de Jean-Pierre Lizotte sont disponible au chapitre Litteratures


Pour Jean-Pierre la ville n'était pas toujours une source de vie.
En hommage à Jean-Pierre Lizotte, son ami Souverain Luc Markov lui dédie ce poème:

Apocalypsia

La ville brille de ses lumières
Multicolores comme le son de ses bruits
Elle m'ensorcelle comme une vipère
Qui s'enroule autour de mon nid

La ville vibre de ses artères
Frappant mon coeur de sa nuit
Laissant un goût plutôt amère
Dans mes veines devenue ennemies

La ville souffre comme une mère
Oui, ses enfants ont des ennuies
Delivrez-nous du mal mon père
Au nom des pas trop sains d'esprit

La ville coulera dans la rivière
L'Atlantide aura enfin ce répit
Il n'en m'aura que coûté trop cher
Pour voir ses lumières tuer la vie

Luc Markov

 


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©M.L. 1998