Radio Souverains

Lynda Thalie

Je quitte ma cellule
Je traverse les couloirs
Je salue mes amis
Je leur dis " à plus tard "

Je n' quitte pas Bordeaux
ce n'est pas un drame
je m’évade dans les mots
et les yeux d'une femme femme

Ma vie est un roman
Ma vie est une chanson
Qui en est l'auteur
c'est toute la question

Des questions que je me pose
en vers et en proses
Je te salue belle et brave femme
Et je te plaide notre cause

Lynda Thalie

Bienvenue parmi les
Souverains anonymes

Kattam et Lynda Thalie

écoutez cette émission en deux parties
sans téléchargement.

Première partie 55mn 35'

class="image"

Deuxième partie 54mn 27'

class="image"

22 septembre 2011

1- Salut Lynda, je m’appelle Jean-Ronald. Tu es au Souverains anonymes pour la troisième fois, mais moi c’est la première fois que je te vois ici et ça sera la dernière fois puisque je quitte ces lieux dans 5 jours, tu es donc mon cadeau de départ. Je te parlerai de moi un peu plus tard, pour l’instant faisons mieux connaissance. Lynda Thalie, tu es auteure compositeure et interprète d’origine algérienne. Depuis la première fois que tu es venue chez les Souverains en 2003, tu as fais beaucoup de chemin, aujourd’hui, tu es reconnue comme une artiste québécoise établie. Tu as fais des tournées dans plusieurs pays arabes et en France. Tu as été aussi l’artiste invité de plusieurs fêtes de la Saint-Jean. À l’invitation d’un éditeur québécois, tu as écris ton premier livre ‘’Survivre au naufrage’’. Une autobiographie et un témoignage sur le parcours qui t’a amené de l’Algérie au Québec. Ton livre a circulé dans plusieurs cellules de Bordeaux. Dans ce livre, il y’a au moins deux thèmes qui nous concerne : L’absence du père et survivre aux épreuves de la vie. C’est dans cet esprit que nous avons préparé cette rencontre. Tu écouteras plusieurs témoignages sur ces deux thèmes. Alors commençons par le commencement, le titre du premier chapitre de ton livre s’intitule ‘’Le goût des figues’’. Et la première phrase de ce premier chapitre ‘’Je suis né au bon endroit, j’en suis persuadée’’. Tu es née à Oran où tu as vécu les 5 premières années de ta vie. Alors, Lynda dis-moi, si tu étais née à Port-au-Prince comme moi, tu ne serais pas née au bon endroit..? Je blague! Parle-nous STP de l’endroit où tu es née..

2- Salut Lynda, je m’appelle Marc-André. Ton livre a été mon compagnon de cellule durant une semaine. Par la lecture de ton livre, je me suis permis une belle évasion. Je voudrais d’abord te dire un grand merci d’avoir partagé ton expérience de vie avec moi. Je vais à mon tour te partager la mienne. Si je devais écrire un livre sur ma vie, je l’aurais sûrement appelé ‘’Ma foi dans la vie’’. Je suis un homme de foi. Des naufrages, j’en ai connus quelques uns, mais pas aussi durs que le tien. Personne au Québec ne se mêle de ma vie spirituelle. Cette liberté est une chance que j’apprécie à la lecture de ton livre. J’ai aussi un grand espoir dans ce beau pays qui est le tien, l’Algérie. Excepté cette période très difficile que tu as vécue, l’Algérie et les algériens demeureront un peuple de braves. Dans les années 60, beaucoup de québécois regardaient l’Algérie comme un modèle à suivre pour atteindre l’indépendance. Pour l’instant, mon indépendance, je la retrouve dans mon travail. Je suis un travailleur de construction. Après Bordeaux, je retourne à ce noble métier que je pratique avec beaucoup de passion. En lisant ton livre, on voit que ton métier tu l’as construis avec beaucoup de patience. Tu as eu aussi beaucoup de chance de rencontrer des personnes au bon endroit et au bon moment. J’ai compris par ton livre que la plus belle rencontre que tu as fais au Québec, c’est avec celui qui est devenu ton gérant, ton amoureux et le père de tes deux enfants, Monsieur Patrick Cameron, est-ce que je me trompe.. ?

3- Salut Lynda, je m’appelle Jacques de Jacmel. J’aimerais d’abord te féliciter d’avoir écrit un livre sur ta vie. J’ai lu quelques chapitres, le deuxième m’a beaucoup touché parce que tu parles de la famille. Ça m’a rappelé évidemment ma propre famille en Haïti. En quittant Haïti pour venir vivre au Québec, j’ai quitté tout un monde. Un monde que je n’ai jamais retrouvé ici, même si mon père et ma mère étaient présents, il manquait tout le reste. Dans ce deuxième chapitre, tu parles de ta grand-mère Aïcha, une femme qui a dû élever une dizaine d’enfants après la mort de son mari. Son caractère et sa forte volonté m’ont fait penser à tous les grands-mères haïtiennes qui ont joué un rôle capital dans l’éducation de leurs petits enfants. L’écrivain Dany Laferrière a consacré des pages entières à sa grand-mère Da, une façon de rendre hommage à toutes ses femmes qui ne vivaient que pour leurs familles. Je suis très sensible à la vie de famille et tu en parles très bien dans ton livre, avec tous les hauts et les bas que cela comporte. Je suis moi-même père de trois enfants. Marié deux fois. Ma première femme est morte à l’âge de 29 ans. Comme toi Lynda j’ai moi aussi survécu à certains naufrages. Si j’avais à écrire un livre sur mes 56 ans de vie, je l’aurais appelé ‘’Les bons plants se reconnaissent par leurs fruits’’. Je suis fier de mes enfants et de mes petits enfants. Je m’ennuie d’eux évidemment. Mais ce passage à Bordeaux est une retraite qui me fait beaucoup de bien. J’ai appris lors de ce passage à explorer mon subconscient. Fouiller en moi ses zones d’ombres que je n’ai pas le temps dehors d’aller fouiller. C’est comme se regarder au miroir en acceptant de voir des vérités. Certaines ne sont pas belles à voir, mais il faut les reconnaitre et accepter de vivre avec. J’imagine que mettre sa vie dans un livre c’est une façon de la transcender. Peut-être même une façon de flirter avec le secret de ta vie. Alors Lynda, après l’écriture de ton livre ‘’Survivre au naufrage’’, as-tu l’impression de mieux te connaître ?

4- Salut Lynda, je m’appelle Peguy. Mon livre à moi s’appellerait ‘’Le début et la fin’’. Le début c’est mon enfance. Une enfance sans père. Et la fin, c’est lorsque j’ai commencé à tomber dans la délinquance. Mon histoire est trop longue. Pour la résumer, je te dirai que je n’ai jamais prononcé le mot Papa. Parce que je ne l’ai connu qu’une fois. C’était très bref. Il est venu chez-nous et j’ai découvert un papa malade de la maladie de Parkinson. Un moment donné il est allé aux toilettes pour faire pipi et j’ai remarqué qu’il pissait partout. C’est la seule fois ou j’ai dit le mot PAPA. J’ai dis ‘’Papa, fais attention..’’. Après je l’ai perdu de vue. Il est allé vivre à Boston. Plus tard, maman s’est occupé de lui jusqu’à sa mort. Malgré un passé difficile, ma mère lui pardonné. C’est à Montréal qu’il a été enterré à côté de sa mère. Et toi Lynda, tu as deux enfants, un garçon et une fille. Des jumeaux. Liam et Dahlia. Ils ont trois ans. Dans ton livre il y a un moment très émouvant, c’est lorsque le médecin confirme ce que tu as toujours deviné. Tu étais enceinte de jumeaux. Deux anges qui t’on choisi toi comme maman et Patrick comme Papa.. Tes anges te suivent souvent dans tes tournées. Ils sont maintenant tes anges gardiens. Comme on dit chez-vous et chez-nous, que Dieu les protège. Question, pourquoi tu buvais beaucoup de 7up pendant ta grossesse.. ?

5- Salut Lynda, je m’appelle Marc Ens. Moi si j’avais à écrire un livre sur ma vie, je l’aurais appelé ‘’Menace pour la société’’. Ce titre résume bien le regard de toute une société sur moi. Ce titre est une sentence prononcé par ceux et celles qui se croient parfaits parce que leurs pieds n’ont jamais franchi les portes d’une prison. Dans ton livre Lynda, il est question d’un passé difficile et l’absence d’un père. Ce qui m’a le plus touché de tes propos c’est le fait que tu n’as jamais jugé ton père. Malgré son départ de jour au lendemain, tu as continué à lui porter le même amour. Tu es resté sa princesse. Tu aurais pu le condamner. Tu as préféré gardé de lui des beaux souvenirs pour t’aider à survivre au naufrage. Personnellement, je n’ai pas connu l’absence du père, mais comme beaucoup d’enfants d’immigrants, j’ai eu une éducation sévère. J’ai souvent été physiquement puni, mais je n’ai jamais porté rancune vers mon père. Par contre, je serai malhonnête de dire que ces punitions n’ont pas affecté mon moral. En tout cas je me pose des questions. J’ai 20 ans. J’ai toute la vie devant moi. J’aurais un jour des enfants. Ils n’auront que le meilleur de ce que j’ai reçu de mes parents. Et toi Lynda, tu as deux enfants, un garçon et une fille. Des jumeaux. Liam et Dahlia. Ils ont trois ans. Dans ton livre il y a un moment très émouvant, c’est lorsque le médecin confirme ce que tu as toujours deviné. Tu étais enceinte de jumeaux. Deux anges qui t’on choisi toi comme maman et Patrick comme Papa.. Tes anges te suivent souvent dans tes tournées. Ils sont maintenant tes anges gardiens. Comme on dit chez-vous et chez-nous, que Dieu les protège. Question, pourquoi tu buvais beaucoup de 7up pendant ta grossesse.. ?

6- Salut Lynda, je m’appelle Jean Ronald. Ton livre est préfacé par Michaelle Jean, l’ex Gouverneure Générale du Canada. Elle ne le dit pas dans sa préface, mais elle a déjà eu l’occasion ici même à Souverains anonymes de parler de l’absence de son père dont elle a beaucoup souffert. Elle a confié aux Souverains qu’elle a appris avec le temps à lui pardonner. Tu partages avec Michaelle Jean ce point commun : Toutes les deux, vous avez perdu de vue le père vers l’âge de 10 ans. L’absence du père c’est un thème qui a été très important dans la préparation de cette rencontre. Beaucoup de Souverains n’ont pas connu leurs pères et beaucoup de Souverains sont eux-mêmes des pères. Moi j’ai quitté mon père à l’âge de huit ans pour venir vivre avec ma mère au Québec. Je ne crois pas avoir souffert autant que toi de cette absence parce que moi, j’ai gardé contact avec lui et souvent j’ai voyagé pour lui rendre visite. Mais il y a eu des fois ou j’aurais tellement aimé qu’il soit là. Surtout à l’adolescence. Un beau-père ça ne remplace jamais un père. Aujourd’hui, je suis le père d’une fille de trois ans. Je n’ai pas été présent pour elle depuis un an et demi. Je ne veux plus revivre ça. Mais je crois avoir beaucoup appris durant ce passage. Mon attachement à ma famille est désormais plus solide que jamais. Comme j’ai dis au début, tu es mon cadeau de départ, je pars dans quelques jours avec le souvenir de cette belle rencontre et aussi j’espère le souvenir de ta voix qui chante. Bientôt, je vais retrouver mon père en Haïti. Dans la préface de ton livre, Michaëlle Jean a écrit ceci en parlant de toi lors de votre voyage ensemble en Algérie ‘’Elle m’a profondément émue parce qu’elle l’était aussi, et je me suis naturellement identifiée à son récit d’exil, tant nos expériences se rejoignent’’. Parle-nous un peu de ce retour aux racine avec Michaëlle Jean.. ?

7- Salut Lynda, je m’appelle Ismaïl. J’aurais pu écrire un livre avec le même titre que le tien ‘’Survivre au Naufrage’’, mais comme tu l’as déjà pris, j’ai trouvé un autre titre qui correspond complètement à l’histoire de ma vie. ‘’Le squelette sauve sa peau’’. Le squelette c’est moi et si je suis devant toi, c’est parce que j’ai dû sauver ma peau. Je suis né en Somalie, quand la guerre civile a éclaté, il y a 20 ans, entre le nord et le sud, j’ai dû, comme des milliers d’autres somaliens, fuir ma terre natale pour une longue traversée en Ethiopie, au Kenya, au Soudan, en Egypte, en Allemagne et en Hollande avant d’arriver finalement au Canada. Avec la famine qui frappe de nouveau la Somalie et une partie du Kenya, je n’ai pas de nouvelles de ma famille depuis un an. On m’a dit qu’ils se seraient réfugiés au Kenya. Je prie pour eux. C’est tout ce que je peux faire. Une de tes chansons s’appelle ‘’Si je pouvais’’. Alors imagine Lynda si je pouvais déplacer un peu d’eau sur la terre de mes ancêtres. Si je pouvais redonner aux squelettes un peu de peau.. Mais seul Dieu le peut. Je respecte la volonté de Dieu. Merci de m’avoir écouté.

8- Salut Lynda, je m’appelle Abderrahmane. Comme toi, je suis né en Algérie. Mais quand je l’ai quitté à l’âge de 7 ans avec ma famille, ce n’était pas pour fuir les islamistes. C’était simplement pour immigrer au Canada. Donc mon rapport avec l’Algérie n’a jamais été conflictuel. D’ailleurs, je suis souvent retourné et j’en ai gardé toujours un bon souvenir de mes voyages. Aujourd’hui, j’ai 25 ans, je crois avoir hérité le meilleur des deux mondes. Mes erreurs, je les assume totalement. Je sais que je ne ferai plus jamais les mêmes erreurs qui m’ont amené ici. De toute façon, j’ai mes études universitaires à terminer. Je dois compléter mon bacc en actuariat. Mon destin, je le porte entre mes mains. J’ai été gâté par la vie. Je n’ai pas connu d’absence du père et je n’ai jamais survécu à un naufrage puisque je n’en ai jamais connu. Je prie Dieu de ne jamais avoir à survivre à un naufrage. Ceci dit, je suis admiratif du courage et la détermination dont tu as fait preuve pour survivre aux épreuves de la vie. J’ai toujours admiré les gens qui ont la maitrise de leurs destins. À propos de destin, dans ton livre tu abordes la question de l’intégration des immigrants en parlant des accommodements raisonnables. À ton avis à partir de quand, un immigrant devient déraisonnable dans son intégration.. ?

9- Salut Lynda, je m’appelle Arolph. Je suis né dans un pays qu’on aurait pu appeler le pays des hommes. Des hommes qui ont gagné la guerre contre l’armée de Napoléon. Chaque homme représentait Mille hommes, c’est pourquoi je porte fièrement le nom de Milhomme. Moi et mon frère qui est dans la salle, à nous deux, nous représentons deux milhomme. Mais très jeune nous avons été séparés. Moi je suis resté en Haïti, mon frère est venu au Québec avec mes parents. En fait Lynda, ton histoire avec ton père est exactement à l’envers de mon histoire avec mon père. Toi tu l’as perdu vers l’âge de 10 ans. Moi, je l’ai retrouvé à 12 ans. J’ai vécu toute mon enfance en Haïti sans père, quand je l’ai retrouvé à Montréal, j’ai retrouvé aussi mon frère, ma mère et toute ma famille. Mais resté séparé de sa mère, son père et son frère pendant des années, ça m’a sûrement marqué. Je n’ai pas écris encore un livre pour comprendre l’effet d’une telle absence. Si j’avais à le faire, je l’appellerais ‘’Deux mille et un homme’’. Dans ton livre, il est souvent question de deux femmes importantes dans ta vie. Ta mère et ta tante. Jeune, tu les appelais toutes les deux ‘’Mama’’. Parle-nous Lynda STP de tes deux mamans.. ?

10- Salut Lynda, je m’appelle David. J’ai 25 ans. Si j’avais à écrire un livre sur ma vie je l’aurais appelé ‘’Mille et une questions sur ma vie’’. Dans ton livre, tu ne donnes pas de réponse pour expliquer le mystère du départ de ton père alors que tu n’avais que 10 ans. Moi non plus, je n’ai pas de réponse sur pourquoi mon père est décédé quand j’avais 3 ans ? Pourquoi il a eu un accident de voiture en revenant du travail ? Pourquoi, je n’ai pas eu dans ma vie aucun homme qui a su le remplacer ? Pourquoi malgré tout ce que ma mère a fait pour m’éduquer et me protéger, j’ai quand-même viré à gauche plutôt que de virer à droite ? Pourquoi j’ai été adopté par tout un système de protection, DPJ, Centre d’accueil..etc ? Pourquoi, très jeune, j’ai décidé de taxer un gars juste parce qu’il riait de moi. Pourquoi je suis à Bordeaux et non pas ailleurs.. ? Je vais peut-être trouver certaines réponses. Mais beaucoup de questions resteront à jamais sans réponses. Il faut savoir l’accepter. Et toi, Lynda à quelle question sur ta vie, tu n’as pas encore trouvé de réponse dans ton livre.. ?

11- Salut Lynda, je m’appelle Alexandre. Dans ton livre, j’ai été très sensible à l’absence de ton père. J’ai beaucoup souffert personnellement de l’absence de mon père. En fait c’est une absence particulière parce que mon père je le voyais chaque jour, mais jamais plus que quelques minutes. Il travaillait en taxi et c’est ma grand-mère qui s’occupait de moi. En plus, quand il était là, il était très distant et très sévère. Mon histoire reflète celle de beaucoup d’enfants d’immigrants. Le paradoxe c’est que nos parents sont venus pour nous assurer un avenir meilleur. Mais comme il devait beaucoup travailler, on se trouvait souvent laissés à nous-mêmes et c’est là que la délinquance nous a attrapé. Pour beaucoup de jeunes La délinquance devient une façon de combler le vide causé par l’absence des parents, en tout cas c’est comme que je l’ai vécu. Quand j’aurais des enfants, je ferais tout pour qu’ils ne souffrent jamais de mon absence. Je sais tout le mal qu’elle peut produire. Si jamais j’écris un livre un jour, ça sera quand mes enfants seront grands. Je l’appellerais ‘’Up and Down’’ à l’image de ma vie. Merci de m’avoir écouté.

12- Salut Lynda, je m’appelle Yahya. Je suis de Marrakech. Une des plus belles villes du Maroc où tu as atterris pour prendre la route vers Essaouira pour ouvrir le Rallye des Gazelles. Si j’ai bien compris, tu as été à Marrakech sans prendre le temps de visiter une des plus belles villes du monde. Je veux juste te dire que tu es la bienvenue à Marrakech. Toi et toute ta famille et si possible que ta visite soit au printemps. C’est la saison où Marrakech devient un paradis sur terre. Tu me donneras des nouvelles. Bon voyage. Merci !

13- Salut Lynda, c'est encore Marc-André. D’après ce que j’ai lu, ton livre est aussi le portrait d’une intégration réussie. Tu es arrivée au Québec avec une culture arabo-musulmane-algérienne et par ton art et ta propre sensibilité, tu as su glisser ce patrimoine dans le cœur de milliers de québécois. Tu as toujours voulu marier la neige et le sable. Mais pour le tournage de ton clip sur le Rallye des Gazelles, c’est au Québec que tu as trouvé les dunes de sables. Si je ne l’avais pas appris dans ton livre j’aurais cru que ces images étaient tournées au désert du Maroc. Ça veut dire, en quelque sorte, que partout où on va, on peut retrouver un peu de chez-soi. À la page 105 de ton livre, tu as écris cette phrase : ‘’Quiconque choisit l’exil rêve d’y trouver un paradis’’. À ton avis y’auraist-il de la neige au paradis ?

14- Salut Lynda, je m’appelle Steve. En préparant cette rencontre, nous avons visionné ta chanson une femme amoureuse qui est une version française de la chanson Love in Women de Barbara Streisand. Moi je vais te chanter un rap que j’aurais pu appeler ‘’Un homme amoureux’’.

15- Salut Lynda, je m’appelle Jeune Noel. Je ne veux pas te faire pleurer, mais comme tu as été généreuse avec nous en partageant ton vécu, je te raconte le mien. J’ai connu mon père seulement quand je suis arrivé au Canada à l’âge de 6 ans jusqu’à 8 ans. Après j’ai été placé en DPJ suite à une violence conjugale. J’ai été placé dans un centre fermé jusqu’à À 15 ans. De là, je suis parti en Haïti jusqu’à l’âge de 17 ans. À 18 ans, j’ai été déjà en appartement. Bref, j’ai connu un parcours que je ne souhaite à personne. J’ai développé une grande méfiance envers tout le monde. Mes meilleurs amis m’ont trahi. Mes toutes ces épreuves m’ont appris à être indépendant et solitaire. Comme toi, je prends le temps d’écrire. J’ai l’impression parfois que ma plume est ma seule amie. Je ne sais pas si un jour je vais écrire un livre, si cela arrive, il s’appellera ‘Seul au monde’’. Merci de m’avoir écouté.

16- Salut Lynda, je m’appelle Simon. Moi mon père, je l’ai vu pour la première fois à l’âge de 10 ans et c’était en prison. Alors, avec un modèle de père comme ça, disons que cela a marqué mon parcours de vie. Évidemment, je ne dis pas que c’est la faute à mon père si je suis devenu délinquant. Mais peut-être qu’avec un autre modèle, j’aurais connu un autre parcours. En tout cas, aujourd’hui à 30 ans, j’ai envie de vivre ma vie, fonder une famille et faire de toutes mes épreuves des forces pour mieux avancer.. Je crois que des personnes comme toi Lynda sont des bons modèles à suivre. Merci d’avoir survécu au naufrage. Merci d’avoir écrit un livre et merci d’exister. Maintenant à la demande générale, au nom de tous mes camarades, j’aimerais te demander de nous chanter quelque chose de ton cru.. À toi de chanter et à nous de t’applaudir.

17- Lynda Thalie. Dans la préface de ton livre ‘’Survivre au naufrage’’, Michaelle Jean a écrit cette phrase que j’ai choisie pour conclure ta troisième rencontre avec les Souverains ‘’Elle a foi en ces valeurs universelles, j’ajouterais sacrée, qui font que les êtres, avec leurs différences, arrivent à se reconnaître et à se rencontrer’’. Merci Lynda Thalie d’être venue nous rencontrer. Merci de te reconnaître en nous malgré les différences et j’ajouterais, malgré ces murs qui nous séparent. Dans quelques jours, je franchirai ces murs et je serai très heureux d’aller un de tes spectacles. Au nom de tous mes camarades, je remercie ton tchum et ton gérant, Patrick Cameron qui a rendu cette rencontre possible. Merci à Kattam de t’avoir accompagné. Au nom de tous mes camardes, je te déclare pour la troisième fois, Lynda Thalie, Souveraine anonyme.


Pour toute diffusion publique des fichiers sonores
une autorisation doit etre accordée


retour à accueil | retour à la liste des rencontres

©M.L 2010