Jeudi 20 avril 2006

Le Père Jean
Aumônier de la prison de ''Bordeaux''

Tel que l'eau de pluie qui s'infiltre dans la terre pour la fertiliser et la rendre féconde,
vos paroles et vos enseignements s'infiltrent dans les failles de nos coeurs
pour nous enseigner une seule chose,
une seule loi.
L'AMOUR
SA

cliquez et écoutez

Je quitte ma cellule
Je traverse les couloirs
Je salue mes amis
Je leur dis " à plus tard "

Je n' quitte pas Bordeaux
du moins pas encore
je m'évade dans les mots
et la musique des noirs

Ma vie est un roman
Ma vie est une chanson
Qui en est l'auteur
c'est toute la question

Des questions que je me pose
en vers et en proses
Je te salue homme de Dieu
Et je te plaide notre cause

André Patry
Bienvenue parmi les
Souverains anonymes


1- Bonjour Père Jean, tu es depuis trente huit ans, aumônier de la prison de Bordeaux. Dans quelques jours tu vas prendre ta retraite. Des milliers d’hommes dont moi-même ont eu le privilège et l’honneur de croiser ton chemin. Pour plusieurs parmi eux tu as été la bonne personne qu’ils ont rencontrée, au bon moment et au bon endroit. Certains ont déjà retrouvé leurs voies et d’autres comme moi, ils ne sont pas loin. Pour les auditeurs qui ne me reconnaissent pas encore, je suis Philippe Guillaume et pour toi, je suis l’avocat du diable. Un joli surnom que tu m’as affectueusement donné parce que tu connais bien mon sens de la répartie. Mais aujourd’hui, exceptionnellement, je ne serais pas l’avocat du diable de personne. Aujourd’hui, c’est un grand jour pour nous les Souverains. C’est le jour du grand, très grand hommage au grand homme que tu es. Moi et mes camarades Souverains, nous tenons à te rendre cet hommage. C’est la moindre des choses envers un homme qui a fait beaucoup de bien. 38 ans à servir la dignité des hommes, cela mon père se fête. Cela ne devrait pas passer inaperçu. Le monde entier devrait savoir qu’il existe un homme du nom d’André Patry. Le 19 novembre 1992, à l’occasion de ta première participation à notre émission, ce jour là, les Souverains anonymes t’ont élu Le Pape de Bordeaux. Parce que tu as été et tu es encore le Papa spirituel de plusieurs hommes de passage en prison. Père Jean, tu as été aussi pour notre programme un fidèle et régulier collaborateur. Chaque fois que Mohamed a fait appel à toi, tu as répondu à l’appel. Je te connais Père Jean, à Bordeaux et en dehors de Bordeaux depuis au moins 14 ans. J’aurais beaucoup de choses à dire sur toi, mais avant de reprendre la parole, j’aimerais que tu écoutes les propos et confidences d’autres Souverains. Nous avons écouté quelques extraits de cette première rencontre avec les Souverains de 1992. Juste avant qu’ils ne prennent la parole, j’aimerais que tu rappelles brièvement aux Souverains comment tu es arrivés à Bordeaux et surtout comment était Bordeaux il y’a 38 ans. ? Quelle était la couleur de sa grande porte ? Était-elle rouge ? Était-elle bleu ou était-elle verte ?

2- Bonjour Père Jean, je m’appelle Frantz, j’aimerais te parler un peu de moi. Moi quand je prie, c’est pour que Dieu protège mes enfants du mal. Et pourtant je ne suis pas un Fidel de l’Eglise. J’ai rarement été à la Chapelle de Bordeaux, mais je prie à ma manière. Le fait d’avoir des enfants, de m’inquiéter pour eux, ça nourrit ma foi en Dieu. J’ai 4 enfants, une fille et trois garçons. Ils sont présents dans mes prières, mais je te demande à toi aussi mon Père d’avoir une pensée pour eux lors de tes prochaines prières et je te dis d’avance Merci.

3- Bonjour mon Père, je m’appelle McLee. J’ai toujours porté sur moi plusieurs croix. Je sais que je suis un homme de foi, mais je ne prie pas beaucoup. Je me fie plus à mon instinct qu’à ma foi. En préparant la rencontre, je me suis posé plusieurs questions sur le rapport entre l’instinct et la foi. Comme tout le monde, j’aimerais avoir plus de contrôle sur ma vie. Pour y arriver j’aimerais que ma foi nourrisse mon instinct.. ? À ton avis, de quelle façon la foi peut nourrir l’instinct. ?

4- Bonjour Père Jean, je suis Shubert et j’ai écouté la musique de Shubert pour la première fois dans ma vie ici même dans ce studio sur un rythme rap. J’ai compris finalement pourquoi je revenais souvent à Bordeaux. Shubert était à la recherche de Shubert , maintenant que je l’ai trouvé, que je l'ai entendu, que je l’ai apprécié, je ne vois plus la raison de revenir ici. Il est donc possible que ma carrière à Bordeaux se termine en même temps que ta carrière. Chacun à sa manière se cherche et parfois, il se retrouve. Alors, avant de dire À Dieu à Bordeaux, j’aimerais te dire ce que je pense de toi. Tu es un homme généreux, mais pour moi tu es aussi un prêtre rigolo, un drôle d’aumônier. Chaque fois que j’ai assisté à ta messe, je ne me suis jamais endormi. Tu fais des blagues, tu racontes des jockes, ce n’est jamais ennuyant avec toi. Pas moyen de faire une petite sieste quand c’est toi qui donnes la messe !! Après 38 ans de service comme aumônier de la prison de Bordeaux, tu as certainement fait un peu le bilan de ton aventure, qu’est-ce tu en retiens de plus important. ?

5- Bonjour Père Jean, je suis Georges William que tu connais bien. À l'occasion de votre départ pour la retraite, je vais vous donner une idée de l'impact que vous avez eu sur moi et sûrement sur d'autres. Votre départ m'inspire de la joie parce que vous allez bénéficier d'un repos bien mérité. Mais il m'attriste beaucoup parce que jamais je ne rencontrerai une personne aussi digne de confiance et noble de raison comme vous. Je trouve Père Jean que vous êtes un homme affectueux, rempli de pardon, d'humour, un peu de malice, de calme, de charme, de subtibilité, de gentiellesse et par dessus tout d'amour. Vous avez une approche très spéciale auprès des gens. Tel que l'eau de pluie qui s'infiltre dans la terre pour la fertiliser et la rendre féconde, vous paroles et vos enseignements s'infiltrent dans les failles de nos coeurs pour nous enseigner une seule chose, une seule loi. L'AMOUR. Il m'a fallu un certain temps pour la découvrir. Permettez-moi Père Jean de vous dire que vous allez nous manquer, me manquer. Je vous aime.

6- Bonjour Père Jean, je m’appelle Essadki, tu te rappelles sûrement de moi. En préparant cette rencontre, j’ai raconté à tout le monde deux anecdotes qui démontre bien que ta religion et la mienne ont en commun l’ouverture vers l’autre. À ma première libération, je t’ai croisé à la sortie de Bordeaux et tu m’as offert de m'amener chez moi dans ta voiture. En chemin, j’ai appelé ma femme pour lui dire que j’arrive avec un invité spécial. Rendu chez-nous, je t'ai invité d'entrer mais tu ne voulais pas parce que tu avais d’autres engagements. Mais je t’avais bien dis que je ne pourrais pas rentrer chez-moi sans toi parce que ma femme me chicanerait. Ça ne se fait pas chez-nous et finalement, tu as fais des appels et tu es resté chez-moi au moins trois heures. Ma femme avait fait des crêpes marocaines, du thé à la menthe.. etc. C’était un moment très agréable que je garde de toi. Une autre fois, avec plusieurs amis musulmans de Bordeaux, nous t’avons préparé un cadeau, un beau chapelet de bois fait à la main. C’était la première fois que des détenus musulmans de Bordeaux t’offraient un cadeau aussi surprenant. Tu n'en revenais pas. J’aimerais juste te dire Père Jean que les gens qui portent Dieu en eux se reconnaissent quelques soient la religion des uns et des autres. Je suis sûr que tu vas manquer beaucoup aux Souverains de Bordeaux. Maintenant que tu vas prendre ta retraite, tu vas sûrement voyager un peu, je te conseille la plus belle destination de la terre. Le Maroc. D’ailleurs, je quitte Bordeaux dans quelques semaines, il n’est pas impossible que moi aussi j’aille faire un tour. Peut-être qu’on prendra ensemble du thé à la menthe avec des crêpes.. Bon voyage et bon repos.

7- Bonjour Père Jean, je suis Sergio. Je viens d’un pays très catholique, le Portugal. Comme tout les portugais je suis très attaché à mon pays d’origine, mais je suis aussi attaché au Québec. C’est ici que j’ai grandi. Mais comme beaucoup d’autres jeunes immigrants à Bordeaux, je me pose souvent la question, si j’étais resté chez-nous, au Portugal, aurais-je connu la prison ? Le mode de vie là bas est très différent. L’église est partout présente, mais le beau temps aussi et la belle musique. Mon rêve c’est de retourner dans mon pays, de temps en temps, pour me nourrir de mes racines. Alors si tu vas faire un tour au Maroc, le Portugal n’est pas loin. Merci et bonne retraite.

8- Père Jean. Au moment ou on se parle, il y’a un en France un homme de 96 ans qui continue à défendre les familles sans abris. Il le fait depuis 1949. Il est l’homme le plus populaire en France. Il s’appelle Henri Grouès dit L’Abbé Pierre et tu l’as reçu en 1995 à la Chapelle de Bordeaux ou une émission spéciale avec les Souverains anonymes a été enregistrée. C’est certainement un bon souvenir que tu dois garder de tes 38 ans de service à la Chapelle. Il y’en a sûrement d’autres. Parle-nous un peu des meilleurs souvenirs que tu aimerais garder de cet espace sacré de Bordeaux.

9- Bonjour Père Jean, je suis Stéphane, moi aussi j’aime aller à la messe parce que je sais d’avance que je ne vais pas m’ennuyer. J’aimerais souligner un autre aspect de ton travail. À Bordeaux, il y’a partout des traces de toi. Même dans le trou, les détenus sont servis par toi. Un jour tu t’es demandé si ça servait vraiment à quelque chose d’aller distribuer les textes de prière dans les cellules. Et finalement, tu es allé quand même. Ce jour là un détenu avait décidé de se suicider, mais grâce à ton passage, le texte de prière que tu as glissé dans sa cellule a fait changer sa décision. Je suis sûr que sans le savoir tu as sauvé la vie de plusieurs d’autres hommes en désespoir. J'ai fais de mes mains cette poterie pour t'en faire cadeaux et te dire Merci pour eux, même si le mot merci n’est pas grand-chose.

10- Rebonjour mon Père, c’est encore Philippe. St-Paul a dit : Lorsque j’étais un enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je vivais comme un enfant, maintenant que je suis devenu un homme j’ai cessé tout enfantillage. Je ne suis pas St-Paul, mais je fais de mon mieux pour cesser tout enfantillage. Père Jean, C’est à mon tour de te rendre hommage à ma façon. je t’ai connu pour la première fois il y’a 14 ans. C’était à ma première sentence. Je venais de quitter l’armée canadienne. Je n’avais plus de bus ni d’espoir. Je ressemblais à un canadien errant. À Bordeaux, j’ai trouvé en toi l’homme qui m’a réconcilié un peu avec l’humanité. Mais aujourd’hui, après 14 ans, je me trouve dans une situation que je ne souhaite à personne. Je suis en train de devenir pratiquement aveugle. Moi qui adore la lecture, je n’arrive plus à lire. Moi qui adore voir des belles femmes, je ne peux plus les voir. Je devrais être très amer. Je devrais perdre tout sourire. Je devrais être en colère. Et ben, ça serait mentir de dire que je ne le suis pas. Malgré tout, je garde le sourire. C’est en plus de la vue, je perdais le sourire, qu’est-ce qui me resterait. Je dois dire que le plaisir de te parler me remonte beaucoup le moral. J’ai une profonde sensation que maintenant que tu quittes tes fonctions d’aumônier de Bordeaux, je ne vois plus la raison de revenir à cet endroit. Je crois que c’est la meilleure façon de te rendre hommage, c’est de ne plus remettre mes pieds à Bordeaux. Parce qu’après toi Bordeaux ne sera plus la même. Et pour moi, la prison de Bordeaux sans le Père Jean, elle n’aura plus le même sens. Je crois sincèrement que je suis en train de faire ma dernière sentence. Mais avant de quitter Bordeaux, je vais essayer de suivre un de tes conseils. Celui de concilier mon cœur avec ma tête. Tu seras mon model comme tu l’as été pour d’autres avant moi. Un homme de foi et de patience. Père Jean, je te pose une petite question : En tant qu’homme de foi, comment penses-tu que je peux gérer mon impatience et puiser dans ma foi les outils nécessaires pour passer à travers mon combat. ?

11- Bonjour Père Jean, je m’appelle Mahan, le peu que j’ai appris sur toi en préparant cette rencontre, me fait penser à l'énigmatique frère Tuck, compagnon de Robin Des Bois, qui est comme tu sais un grand amateur de cuisine, mais il est surtout l'homme de prière et d'église et un combattant actif pour soutenir la cause de Robin des bois, celle d’aider les pauvres. Il y’a donc dans ta mission une vocation de justice. J’imagine que plus que d’autres, tu comprends bien Père Jean, que l’injustice provoque l’injustice. Tu étais là quand mon ami Fritz, qui est aujourd’hui libéré, avait dit à Michaëlle Jean, lors de sa visite : ‘’Avant de faire du mal, on m’a d’abord fait du mal’’. Si je te compare à Frère Tuck, c’est parce que j’ai profondément l’impression que tu es conscient de cette réalité. Cela explique pourquoi les détenus de Bordeaux savent qu’il y’a au moins une personne à Bordeaux qui ne les jugent pas, qui ne les a jamais jugé. Au nom de tous hommes de passage à Bordeaux je te dis aujourd’hui MERCI.

12- Bonjour Père Jean, je suis Ali. Je suis né ici de parent libanais. Je suis musulman, croyant pratiquant. Dans le Coran, il y’a une phrase qui aurait pu exister aussi dans la bible. La phrase dit : Dieu est avec les patients. Je prie Dieu de m’accorder la patience pour passer à travers les mois qui me restent. Travailler en prison ce n’est pas chose facile. J’aimerais savoir si tout au long de tes 38 ans à Bordeaux, as-tu été parfois découragé au point de vouloir quitter. ?

13- Bonjour Père Jean, c'est moi Shubert. Parmi les hommes que tu as rencontré à Bordeaux, il y’en a un pour qui tu as célébré ses funérailles. Jean-Pierre Lizotte. Encore aujourd’hui, les médias parlent de lui de temps en temps parce qu’il a fait objet d’agression policière menant à la mort. Une femme a consacré un livre sur lui. Jean-Pierre était connu de tous les gardiens parce que Bordeaux était devenu le foyer qu’il ne pouvait pas avoir. Jean-Pierre était poète. Un jour il a écrit un beau texte qui a été mis en musique par un autre Souverain.

Il passe dans mon coeur un bateau
Jamais il n'ira sur l'eau
Il reste enfermé dans la vague de la honte
comme un escalier qui monte
Ce bateau n'est pas fait de fer
Il est plutôt tout de chair
Un jour, il a eu un père
qui s'est séparé de sa mère
Il pourrait si bien naviguer
Partir pour l'étranger
Connaître l'amitié
Surtout se sentir aimé
Mais il demeure au port
Au quai du remord
Difficilement, il s'endort
Il a peur de la mort
Il passe dans mon coeur un bateau
Jamais il n'ira sur l'eau
Il reste enfermé dans la vague de la honte
Comme un escalier qui monte

Jean-Pierre Lizotte

14- Bonjour Père Jean, je suis Laurent. Tu es le dernier invité de Souverains anonymes avant que je quitte Bordeaux. Comme toi, je vais prendre ma retraite de cet endroit. Toi avec le sentiment du devoir accompli et moi avec le sentiment que dans la vie il existe de meilleur endroit que Bordeaux pour vivre. Mohamed m’a demandé d’écrire un texte. Son titre : Sur la route.

Je suis sur la route de la vie
Et je marche, je marche, je marche
. J’ai vu de ravissants paysages
Et d'autres qui laissaient à désirer
Ceux-là j’aimerais les effacer

Il y en a déjà que j'ai oubliés
D'autres, me resteront gravés jusqu’à dans ma tombe
Au cœur ou de mon pèlerinage
Sur la route de ma vie,
J'ai perdu et j’ai gagné.

Mais il y a deux choses,
Deux choses qui ont grandi en moi
Comme un bonzaï
La foi et l'amour
La foi en Dieu et l’amour de mon prochain

Père Jean, tu as été longtemps mon prochain
Comment t’oublier.
Même si tu t'égares dans notre inconscience
Tu trouveras toujours le chemin vers nous.

Que la vie te soit bonne.

14- Alexis Joubert

Au nom du père Jean, du fils et du saint-Esprit
38 ans de service
Voilà une grande vie
Aider les âmes perdues était ta mission
Surtout ceux qui sont en prison
Pas facile d'atteindre un homme encagé
Tu les as tout de même percés
La première fois que je t'ai vu,
Je me suis senti appelé
Est-ce la religion ou le fait que je voulais me confesser
Voilà 20 mois que je suis embarré
Je vais sortir bientôt de cet enfer
Tout en sachant qu'il y avait un ange dans la chapelle en arrière
Mais maintenant tu t'envoles pour de vrai
Après de nombreuses bénédictions, je te donne la mienne
Bonne chance et bonne vie
Que la paix soit avec toi.

Père Jean, demain je quitte Bordeaux. J’en garderai deux espaces ou j’ai fais le plein de moi-même. Deux espace sacrés. La chapelle et le local des Souverains. Ceci est un nouveau local. Tu as connu l’ancien local qui était grand comme un château. Celui-là est aussi petit qu’une cabane. Il devrait être bientôt réaménagé et agrandi. Mais peu importe l'endroit, c’est ce qu’on en fait qui compte. Alors, au nom de tous mes camardes, je te demande mon père à la fin de cette rencontre de bénir ce nouveau local. Beaucoup d’autres Souverains passeront par ici, ils viendront exprimer le meilleur d’eux-mêmes. Ils feront ce que j’ai fais moi-même. Parler, chanter, créer s’évader et s’épanouir.

Père Jean, comme tu sais, d’habitude on reçoit des artistes, des chanteurs, des créateurs, aujourd’hui on a reçu un prêtre. Mais surtout un grand homme.
Au nom de tous mes camarades, je te déclare André Patry, pour la deuxième fois Pape de Bordeaux et Souverain anonyme.


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©M.L. 2006