Radio Souverains

Sarah Elola,
Sylphir Charet et Valérie Ivy Hamelin

Je quitte ma cellule
Je traverse les couloirs
Je salue mes amis
Je leur dis " à plus tard "

Je n' quitte pas Bordeaux
Ce n'est pas un drame
je m’évade dans les mots
et les yeux de trois femmes

Ma vie est un roman
Ma vie est une chanson
Qui en est l'auteur
c'est toute la question

Des questions que je me pose
en vers et en proses
Je te salue belle et brave femme
Et je te plaide notre cause

Sarah Elola,
Sylphir Charet et Valérie Ivy Hamelin

Bienvenue parmi les
Souverains anonymes

Sarah, Sylphir, Ivy, Benjamin, Morgan
Philippe et Kattam

écoutez l’émission
avec Sarah Elola sans téléchargement

24 mars 2011

Première partie 55mn 52'

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Deuxième partie 54mn 02'

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1- Bonjour Sarah Elola, je m’appelle Georges, Je salue également, SYLPHIR Charest qui n’est pas à sa première visite chez-nous, les deux premières fois, c’était comme chanteuse, aujourd’hui, tu es avec nous comme danseuse africaine, bienvenue. Je salue aussi Valérie Ivy Hamelin, une deuxième danseuse, bienvenue à toi aussi. Sarah, tu es accompagnée de 4 musiciens qui nous font l’honneur de leur présence et j’ai nommé, Morgan Toutfaire, Benjamin Landry, Philippe Beaudin et Kattam, notre eternel et fidèle directeur musical. Moi et mes amis Souverains nous sommes très heureux de vous recevoir à notre émission. Sarah, tu es notre invitée vedette, si tu permets, je vais te présenter à mes amis et à nos auditeurs. Tu es moitié coton, moitié laine, ça veut dire que tu es moitié québécoise, moitié africaine. Plus précisément, tu es originaire des Pays des hommes intègres qui veut dire en bukinabé le Burkina-Faso. En 2005, tu as effectué un retour à tes racines africaines après dix ans d’absence et tu es revenue plus ressourcée que jamais. D’ailleurs, en 2008, un documentaire a été réalisé pour suivre ton retour à Burkina-Faso. ‘’Partout c’était chez-moi’’ c’est le titre de ce film qui fait le lien entre tes deux appartenances, québécoise et africaine. Si je peux me permettre Sarah, je peux affirmer que même ici avec les Souverains anonymes, tu peux te sentir aussi comme chez-toi. N’est-ce pas les gars..? Parce que nous sommes comme toi Sarah, des amoureux de la musique et de la danse dans tous ses états. On parlera plus tard de ce retour aux sources. En attendant, mes amis Souverains vont te faire des témoignages pour te parler un peu de la place de la danse dans leur vie. Mais d’abord, faisons mieux connaissance. Quand tu voyages dans le monde est-ce que tu te présentes comme une québécoise d’origine africaine ou comme une africaine qui vit au Québec, autrement dit comment tu définis ton identité..?

2- Bonjour Sarah, Sylphir et Valérie je m’appelle Simon. Moi, ma danse préférée c'est le reggae. J’aimerais entendre brièvement Sylphir et Valérie ce que la danse africaine vous a apporté..?

3- Bonjour Sarah, je m’appelle toujours Georges. Mon histoire avec la danse a commencé lorsque j’avais cinq an. Ça s’est passé au Cameroun. À Douala. Mes parents m’ont amené dans un village ou il y’avait une fête. J’ai su ce jour là dans ma petite tête que je suis venu au monde pour danser, pour chanter, autrement dit pour être heureux et rendre les autres heureux et ce quelque soit le temps et l’endroit. Apparemment, je dansais mieux que les grands. Ma mère était fière de moi parce que j’avais attiré l’attention des gens avec mes petites performances. Un an plus tard, je me suis retrouvé au Canada. Un pays qui est devenu le mien aussi! Mais je rêve de retourner à ce même village qui m’a vu danser pour retrouver cette ambiance de fête, et pour me retrouver moi-même. Je sais que l’Afrique sera toujours là, mais moi, je ne serais pas toujours là, alors ce retour en Afrique sera déterminant pour moi. J’ai besoin de me sentir sur la terre d’Afrique. J’ai besoin de me trouver dans la rue de la joie qui se trouve au quartier Daidou à Douala. Une rue qui ne ferme jamais. Depuis mon départ, cette rue attend mon retour.. Dans la rue de la joie, je vais danser, je vais chanter : Show time, show time..

Ma chère Sarah, Comme j’ai dis au début de notre rencontre, tu as déjà effectué un retour sur la Terre des hommes intègres. La terre de Sankara ou on produit l’intégrité et le beurre de carité. Le pays des rythmes. Le pays des cœurs ouverts. Ouvert à la nature. Ouvert à l’autre. Ouvert à la danse. Le pays d’un islam d’amour. Parle-nous de ce retour aux racines..?

4- Bonjour Sarah, Sylphir et Valérie ainsi qu’aux musiciens. Je m’appelle Ribad! J’ai avec la danse une histoire particulière. La danse pour moi, c’est une façon de sociabiliser. D’entrer en contact avec l’autre. Le langage de la danse peut s’avérer parfois plus efficace que la parole. C’est de la poésie en mouvement. Alors moi, j’aimais bien aller dans certaines boîtes de Montréal pour goûter à cette poésie. C’est comme ça que j’ai appris toute sorte de danse, surtout la salsa. Au début, je dansais pour communiquer avec les femmes. Mais un moment donné, danser était devenu plus important que cruser. Toi Sarah, de ton expérience en danse, tu as mis sur pied un concept que tu appelles Afro-Forme, un genre d’aérobie à l’africaine. J’ai remarqué en passant que ce sont surtout des femmes qui prennent tes cours. Dis-moi! Qu’est-ce que la danse africaine apporte de plus à l’aérobie..? Qu’est-ce que la danse africaine apporte de plus que les autres danses ?

5- Bonjour Sarah, je m’appelle Jacques. C’est la première fois que je parle dans cette émission. Mais ce n’est pas la première fois que je danse. De toute façon, quel haïtien ne sait pas danser. En tout cas, pour moi c’est important de danser. À la moindre occasion, je danse, surtout quand la musique c’est le compa. Comme toi Sarah, moi aussi j’aimerais me retrouver dans mes racines. Là où je suis né. Il y a des gens qui m’attendent là bas, une famille que je n’ai pas vue depuis mon enfance.. Quand je vais la retrouver, je crois que ce jour, ce sont les autres qui vont danser, moi je vais être trop ému. Ça sera la danse des retrouvailles. Les retrouvailles d'un fils avec sa terre natale. Une danse qui exprime joie et émotion. Sarah, écoute ma question, si tu devais danser une danse des retrouvailles, tu la ferais sur quelle musique? Sur quel rythme ? Et avec quel décor..?

6- Bonjour Sarah, Sylphir et Valérie je m’appelle Gregory. Moi je peux vous parler pendant des heures de mes souvenirs avec la danse. Les plus belles heures de ma jeunesse je les ai passées sur les pistes des boites africaines, antillaises de Montréal. Déjà à mon enfance, on m’a appris à danser de force. Pour mes tantes et mes sœurs, un garçon doit savoir danser. Entre l’âge de 4 ans et 8 ans, j’ai appris le compa. Plus tard quand je suis arrivé à Montréal, mes sœurs sortaient pour danser, je devais les accompagner, c’était la condition pour leur permettre de sortir. À l’époque j’étais plutôt très timide, je ne parlais pas trop. J’imagine que la danse a joué un grand rôle pour faire de moi le parleur et le charmeur que je suis devenu. Le body langage, je l’ai appris dans les boites. Pour revenir en Haïti, malgré tous les malheurs de ce pays, malgré le séisme, malgré la misère, les haïtiens n’ont jamais annulé leur carnaval. La danse et la musique pour certains haïtiens, c’est tout ce qui leur reste. Mais actuellement, en Haïti il y a deux danseurs qui dansent une drôle de danse. Une danse dangereuse. Duvalier et Aristide. Si ces deux hommes devaient suivre ton cours Afro-Forme, comment tu leur apprendrais la danse de partir et ne plus jamais revenir..?

7- Bonjour Sarah, Sylphir et Valérie je m’appelle Mohamed, je suis d’origine de Guinée Conakry. Évidemment, la danse fait partie de ma mémoire. La Guinée est un des premiers pays africains à former une troupe national de danse et de musique. La troupe National Djuliba fondé par le Président Sékoutouré lui-même. Le président supervisait lui-même les danses dans la cour de son palais. Cette troupe a fait le tour du monde et a contribué au rayonnement mondial de la culture africaine. Je suis donc fier d’être guénéen. Ce qui me manque personnellement de la danse de mon pays, c’est de voir ces femmes danser. Comme tu sais, la plus part des danses africaines sont érotiques. Je ne vous cache pas Mesdames, qu’à partir de cette prison nor-américaine, je laisse libre cours à ma mémoire pour visualiser ces danses sensuelles dont j’ai été à la fois témoin et participant. L’érotisme en Afrique, ça n’a rien de vulgaire parce qu’il répond à un besoin naturel. Est-ce que je me trompe Sarah..?

8- Bonjour Sarah, Sylphir et Valérie je m’appelle Christian. Je suis originaire du Congo. J’ai vécu en France et en Belgique. La danse a toujours fait partie de ma vie. J’ai même déjà gagné un concours de danse. Je me rappelle que ça m’a rendu populaire auprès de beaucoup de filles. Comme tu sais Sarah, la danse c’est aussi un dialogue entre garçons et filles. Une façon peut-être d’apaiser les énergies des corps. Une façon civilisée de faire parler les corps.. En tout cas, à mon retour à la civilisation, je vais sûrement revenir à ce dialogue qui me manque beaucoup.. MERCI!

9- Bonjour Sarah, Sylphir et Valérie je m’appelle Salif. Salif du Sénégal. Moi je ne danse pas, mais j’aime bien regarder les autres danser. Surtout les femmes. J’ai vu beaucoup ma mère danser. Aujourd’hui, elle a mal au genou. J’essaye d’imaginer l’Afrique sans danse, je n’arrive pas. On dit que l’Afrique est pauvre, mais toi Sarah, tu sais que ce n’est pas vrai. Tu le sais, je le sais, c’est notre secret. Mais je te remercie Sarah de révéler au monde entier combien l’Afrique est riche. Riche de ses mouvements et de ses rythmes. Une bonne partie du patrimoine musicale mondial trouve ses racines en Afrique. On l’oublie trop souvent que l’Afrique est le berceau de l’humanité. MERCI Sarah d’être l’ambassadrice de notre culture.

10- Sarah Elola, tu es accompagnée de deux danseuses et de quatre musiciens. C’est le moment tant attendu de notre rencontre pour passer de la parole à l’action. Aujourd’hui, place à la danse africaine. À vous de danser et à nous de vous applaudir. Mais avant je te présente mon ami Houssam et son poème: ''Attention, attention..''

11- Sarah Elola, aujourd’hui, tu es venue à Bordeaux nous apporter de la joie et du bonheur. j’espère que ton passage parmi nous t’apportera plus de bonheur et plus de succès. Tu le mérite bien. Vous le méritez. Avec tes amis, tu nous a donné l’Afrique et son charme. L’Afrique et son soleil. Tu seras longtemps présente dans nos souvenirs. Que l’Afrique vous protège. Inchallah, vous reviendrez à notre émission. D’autres hommes ont besoin de t’entendre et te voir parce que tu inspires le bien. Au nom de tous mes camarades Sarah ainsi Sylphir et Valérie. Sans oublier ces illustres et virtuoses musiciens Morgan, Benjamin, Philippe et Kattam. Au nom de tous mes camarades, je vous déclare tous Souverains anonymes.


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©M.L 2010