..cinquième discussion..

brique

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anonymes@arobas.net

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À partir d'une réflexion signée Vangelis sur la conscience des choses,
une question a été lancée à son auteur.
La voici:

 

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1-

Bonjour
Une brique non observée est une brique qui n'existe qu'en elle-même. Si cette brique a une conscience lui permetant de s'auto-observer, on peut dire qu'elle ressemble à l'idée qu'elle a d'elle-même. Si elle ne possède pas cette conscience alors elle n'existe pas, jusqu'au moment de rencontrer un observateur...
Mais que dire des briques qui entourent des hommes..?
Il serait extraordinaire qu'elles puissent avoir conscience d'elles-mêmes grâce au regrads des hommes ! Pouvons-nous dire alors qu'elles n'existent pas ?
La masse d'une brique pèse pourtant en quelquonc endroit et donc interfère en quelquonc lieu et en quelquonc temps.
Qui répond de la présence des briques, les hommes qui entourent le mur de briques..?
Ou ceux qui passent à côté de l'autre côté du mur..?

Au plaisir de vous voir réagir Monsieur Vangelis
ML.

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2- Réponse de Mr Vangelis:
Les hommes, de quel côtés qu'ils soient répondent de la présence des briques mais n'en donnent pas la même signification. J'ai bien aimé la phrase " Emprisonner ne devrait pas dire cacher ! " Les divers témoignages sont également touchants et il semble qu'on y parle mieux de liberté que ne saurait dire un homme libre. Sans juger les actes de ceux qui sont privés de liberté, il est une chose sur au moins, c'est que ceux là on quelque chose à nous apprendre, à nous les soit disant "libres" et qui en perdons souvent le sens.

Cordialement
VANGELIS.

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3- réponse:

Ça fait du bien d'entendre les hommes de bons esprits et de coeurs..
C'est grâce à votre texte sur la conscience des choses qu'une question fondamentale a été posée. Question philosophique et d'intérêt publique..
Que répondront les autres..? J'espère qu'ils le feront après avoir fait un tour dans le site des Souverains.
Merci Vangelis et ne nous privez pas de vous-même de temps en temps.

Cordialement
ML

Qui répond de la présence des briques..?
les hommes qui entourent le mur de briques..?
Ou ceux qui passent à côté, de l'autre côté du mur..?

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4-

«Qui répond de la présence des briques? Les hommes qui entourent le mur de brique ou ceux qui passent à côté, de l`autre côté du mur? »

Voilà une question à double sens. En tant que citoyenne , je fais partie de ceux et celles qui répondent de ces briques . Comme répondaient aussi ceux et celles qui avant leurs incarcérations , vivaient dans cette même société. La plupart de ces détenus, auraient certes tendance à dire , qu`ils n`ont jamais souhaités la présence de ces briques et ce, bien avant leurs incarcérations. Et moi, je dois avouer que mon sentiment est le même. Je n`ai jamais souhaiter que l`on érige ces briques. Mais de par mon silence et celui de gens qui pensent comme moi, j`ai accepté que ces murs se construisent. Alors maintenant , je dois en répondre. Ce qui nous ammène à son bien fondé... La question, vous l`avez très bien soulignée, peut-on parler de totale abolition carcérale sans passer pour un fou...La réponse est sans équivoque : Non ! La société actuelle n`est certes pas prête à cela. Mais quand je parle de la société , cela inclu également tous les détenus, sans exception. Lorsque l`un d`entre vous franchirez enfin le mur , est-ce que vous souhaiterez que l`on abolisse totalement le système carcérale , si votre voisin attaque votre femme , votre fille ou vous vole , enfin peu importe le délit? Je crois que la question se pose d`elle même. Puisque je ne fais aucune différence entre un détenu et moi-même, si ce n`est que de la liberté. Vous aurez vous aussi ce désir malsain de vengeance. Que l`on appel hypocritement JUSTICE. Et si ce sentiment ne passe pas par la loi, vous aurez l`envie brulante de vous faire justice vous même . Car l`on se cache tous , vous tout comme moi , derrière une pseudo JUSTICE ,alors que l`on sait tous que c`est un mot vain et vous le savez encore mieux que moi , vous , qu`ils l`avez cotoyés cette JUSTICE .

On cache notre ignorance, notre incompétence derrière un mot : JUSTICE. Biensure , on parle aussi de réhabilitation , de réinsertion sociale etc etc . Et cela me navre encore davantage. On parle de quoi là , d`être humain ou d`une pièce défectueuse d`une bagnole? On va le réhabilité et hop il va fonctionner comme un neuf une fois sortie! Eh oui , certains de nos êtres bien pensant nous sortent ce genre de trucs ! C`est à pleurer! On aime un homme , on aide un homme !! Et comment l`aider ( souvent contre son gré) s`il n`est pas en détention? La prison serait donc l`ultime solution, la derrière. Mais qu`a-t-on fait avant pour tenter de venir en aide? Je ne connais pas tous les programmes sociaux , même que je ne les connais pas du tout. Mais une chose est certaine, je crois que les vrais réponses à toutes nos interrogations, ce sont les détenus eux-mêmes qui les détiennent. Aide-moi à t`aider... Qu`est-ce que je peux faire pour toi , qu`est-ce qui fonctionnerait avec toi ? Qu`est-ce qui t`aiderait toi en tant qu`individu ? Pas en tant que criminel... La nuance est faible que certains auront envie de me dire et pourtant... à mes yeux elle est géante !

Vous Souverains Anonymes , derrière vos briques, vous avez ouvert une porte immense sur un débat social qui va bien au delà de l`incarcération et je souhaite que nous puissions , nous, qui sommes hors vos murs, avoir une ouverture d`esprit toute aussi grande. Et surtout que l`on arrive à abattre l`ignorance collective qui nous empêche de vous traiter comme il se doit , c`est -à-dire en être humain.

Erika Arpin

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5- réponse:

Nous répondons donc tous de ce mur de briques, parce que nous sommes tous responsables de sa construction. Ce murs de briques est fait de nos crimes, nos injustices, de nos indifférences, de nos silences, de nos incompétences, de nos ignorances et surtout de nos vengeances.. Abolir la prison c'est abolir une partie de nous-mêmes.. N'est-ce pas..? Mais si on parlait de transformer plutôt que d'abolir, parce que c'est ça le fond de la question. Transformer, améliorer et surtout remettre en question cette façon de faire "aider un homme contre son gré". Non, l'homme n'est pas une bagnole, mais l'homme est transformable, maniable, guérissable à partir du moment qu'il en exprime le désir et la volonté. Des hommes et des femmes totalement réinsérés, ça existe. Ce sont d'ailleurs ces hommes et femmes qui inspirent beaucoup d'espoir par leur témoignages à ceux-là encore derrière le mur. Ce qui est "à faire pleurer" cependant, ce sont ces semblants de programmes, de politiques et de discours de façade qui occupent certains fonctionnaires de prison. En voici le message: "Voyez-vous chers citoyens, vous êtes à l'écart du danger puisque les dangereux sont hors d'état de nuire. Mais comme vous voyez également chers citoyens, nous traitons bien les criminels, nous avons pour eux quelques programmes pour les aider à un meilleure retour en société.. Tout est sous contrôle". Les médias sont les plus complices de cette supercherie, mais aussi les détenus eux-mêmes puisque les plus prisonniarisés d'entre eux finissent par jouer le jeux de ce qu'on appelle le système bonbon "Montre-moi que tu t'améliores, et je t'accorderai quelques privilèges dont quelques sorties temporaires". Certains prisonniers sont devenus experts dans l'art de "manipuler le système" ce qui fait l'affaire de tous..

Elle est effectivement géante la nuance entre criminel et individu. Mais comment traiter un prisonnier d'individu dans un système totalitaire que représente la prison..? Comment un prisonnier pourrait se sentir un individu sous les regards du gardien même le plus sympathique.. C'est le non sens de la prison. Ou plutôt, c'est là que la prison trouve son sens premier: NE VOIR CHEZ UN PRISONNIER QU'UN CRIMINEL. Les détenus ont beau avoir les meilleurs réflexions, les meilleurs solutions aux problèmes de la prison, ils sont totalement discrédités dans leur statuts de criminels. Ils faut reconnaître cependant que des ex-détenus ont accompli des miracles en dirigeant des maisons de thérapie et de désintoxication.. Il faut reconnaître également que des fonctionnaires anonymes, par leurs initiatives personnelles ont participé à l'élaboration de programmes audacieux. Un programme de bénévolat connaît un succès à la prison de Québec. L'émission radiophonique "Souverains anonymes" n'existe que grâce à l'appui de fonctionnaires de conviction.. Mais, cela demeure très minime face à l'ampleur du problème de la prison.

La prison n'est peut-être pas appelée à disparaître, mais du moins à se transformer pour que "prison" ne soit qu'un mot du passé.. Le mur de briques d'une prison n'est que le reflet d'autres murs de briques en société, il est surtout le reflet du mur de briques en chacun et chacune de nous.

Souverainement,
ML.