Que sont-ils devenus..?


Souverain un jour, Souverains toujours

cliquez et écoutez Aime le Souverain (4'35)

Je voulais être souverain de mon destin, un sujet de vérité, d'authenticité, l'enfant de mon identité. Un être humain qui serait homme parmi les hommes, une âme à part entière, quelqu'un de fière, quelqu'un de libre.

Je me souviens, moi, mon pays était «stupéfiants» ; dans les allées meurtries de ce royaume où s'effritait mon rêve, je l'ai su. Prisonnier d'un empire, mon estomac lui mendiait un bout de pain et mon coeur, un quelconque destin, mais en vain. Ses trottoirs étaient de pierres et sa pitance, barreaux de fer. Se réhabiliter à quarante ans n'est pas chose aisée ; quand t'as brûlé ta vie à tombeau ouvert, le souvenir est amer. Être captif de quelques murs est une chose, être esclave de «son pays» en est une autre ; dix huit mois à bordeaux ce n'est pas rien, mais, vingt ans d'infernal soi même, ça tue !

Et parfois, d'un moindre malheur surgissent réponses et mondes meilleurs. À Bordeaux, l'écriture me réservait quelques instants de bonheur ; toute jeune, elle fraye encore le chemin aux atomes disséminés de mon coeur : les poèmes passent et les poètes ne se ressemblent pas. En sortant de prison en 93 ma vie était tourments et puis, tournant, je décidais de suivre une thérapie de huit mois. Ma sortie fut retours aux études : trois ans à l'éducation aux adultes plus une année au professionnel (je voulais être céramiste), résultat ! : un diplôme du segondaire 5 et un abandon «professionnel» en plein projet de fin d'année. Cet échec ou plutôt ce sabotage, je le comprends aujourd'hui. Mais, je ne baisse pas les bras ; je me suis trouvé un emploie et suis conseiller à l'oasis liberté, je transcris aussi des poèmes pour le site Internet des Souverains anonymes.

En passant, j'encourage ceux-ci à continuer d'écrire : ce monde à besoin de t'entendre et de savoir que tu es : Souverain revenant, Souverain de ton temps, Souverain de l'écrit, Souverain de ta vie ; le découvrir c'est découvrir l'âme dans l'ombre, la beauté dans la bête, la lumière dans l'étincelle, le souverain dans l'anonyme. Grâce à moi et à des gens extraordinaires, j'ai le goût de vivre ! de revivre ! Je leur dis merci : merci à tous ! Merci à mes parents, à Claude Lévis et à la maison Mélaric, merci ! au Père Jean et à l'oasis liberté, merci ! à Mohammed et aux Souverains anonymes, à Sandra Lafond et à Poussière de Lune. Maintenant, suis-je souverain de mon destin ? : un sujet de vérité, d'authenticité, l'enfant de mon identité ? Un être humain qui est homme parmi les hommes : une âme à part entière, un gars fière, un gars libre ? Franchement ! je ne sais que répondre ; Seul l'avenir me le dira.

Mais moi, mon pays est amour, poésie :
Et en ça, je suis souverain de ma vie !

Aujourd'hui, je les prends par la main,
je suis souverain et j'y tiens.
En ce jour, je me souviens :
Souverain un jour,
Souverains toujours.

Aime le Souverain
Nicodème Camarda
Dimanche 14 novembre 99


 


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