La grève en prison
Page d'accueil

navbhsnu.gif (253 octets) navbhdepeche.gif (247 octets) navbhdossiers.gif (229 octets) navbhmementos.gif (243 octets) navbhrecherche.gif (243 octets)

Aide (1318 octets)

La grève en prison

Courrier.gif (4196 octets)

 

la grève en prison

Les instituteurs et professeurs des écoles qui enseignent en prison étaient en grève en décembre dernier. Ils réclament le versement intégral de l'ISO.

"Pourquoi viennent-ils en classe ?... Notre travail, c'est de les accrocher, quels qu'en soient les motifs" Michel Daguenet, qui s'exprime ainsi, a des élèves un peu particuliers puisqu'il enseigne à la maison d'arrêt de Fleury Mérogis. "La première motivation est la maîtrise de l'orthographe et du français : pour écrire, pour réclamer quelque chose c'est vital ! Il arrive que quelques-uns aient un projet de formation, mais la grosse majorité c'est pour sortir de la cellule dans laquelle ils sont 21h par jour".

Les enseignants de prison de la région parisienne ont mené une action de grève au mois de décembre. Mais pour comprendre leurs motivations, il est nécessaire de connaître les spécificités de leurs conditions de travail.

A Fleury, le dispositif repose essentiellement sur les instituteurs qui sont la grande majorité des enseignants permanents répartis sur les trois prisons : la maison d'arrêt des hommes, celle des femmes et le centre des jeunes détenus "il y a 300 jeunes au CJD et parmi eux des mineurs soumis à l'obligation scolaire (moins de 16 ans) souvent en rupture avec leur établissement d'origine et d'autres (plus de 16ans) qu'il ne faut pas lâcher, qui étaient parfois scolarisés au moment de leur arrestation ; l'image de la délinquance est en train de changer" précise Michel.

Le public est évidemment très hétérogène avec des niveaux qui vont de l'alphabétisation à l'entrée à l'université et au delà en liaison avec le CNED ou l'université.

En plus de leurs tâches d'enseignement, les instits s'occupent du recrutement (sur l'année, avec les entrées et les sorties, un enseignant voit entre 100 et 200 élèves). Ils ont en charge l'évaluation et l'orientation, les contacts avec les établissements extérieurs. Ils font les emplois du temps des autres enseignants ; il leur faut jongler avec les disponibilités de ceux qui interviennent à temps partiel mais aussi de celles des détenus : "quand il n'y a que 2 douches par semaine, ou quand il y a une séance de sport, c'est tellement important pour des gens qui sont enfermés toute la journée qu'il est évident que la classe passe après."

Comme ses collègues, Michel parle avec passion de ce travail en direction des détenus : "ils vivent dans un milieu où souvent les rapports humains sont difficiles... Nous, on leur parle différemment, on les écoute, on les encourage, on leur serre la main, ce que ne fait jamais un surveillant. Du coup il ne se passe jamais rien en classe, on n'a pas de problème de sécurité." Il n'oublie pas cependant les limites de l'école "certains sont, de fait, exclus. Ce sont ceux qui sont obligés de travailler en atelier, les plus pauvres, et dont les horaires sont incompatibles avec ceux de la classe. "

En mai dernier, à la suite d'un mouvement parti de Bordeaux, les enseignants de prison qui revendiquent une Indemnité de Suivi et d'Orientation avaient compris que ce principe était acquis. Michel Daguenet : "on a appris que les instits qui travaillent en prison devaient recevoir la part fixe de l'ISO et pas la part modulable qui s'ajoute à la part fixe." C'est ce qui a motivé la grève à Fleury, Bois d'Arcy, Fresnes, la Santé, Villepinte, Nanterre, Versailles... Au total une cinquantaine d'enseignants. "A Paris on touchait les deux parts de l'ISO, aussi, le fait de ne plus toucher la part modulable constitue une perte de 7000F/an. Ca a mis le feu aux poudres, on a l'impression de ne pas être reconnus par quiconque et qu'on nous en demande toujours plus".

Aujourd'hui, le ministère confirme le versement de la part fixe de l'ISO à tous les enseignants de milieu carcéral (ce qui n'était pas acquis). Reste à gagner la part modulable : une délégation sera reçue au ministère le 19 janvier, accompagnée du SNUipp.

bonhomme.gif (2408 octets)[Haut de la page]

Syndicat National Unitaire des Instituteurs, Professeurs d'école et Pegc

128 Bd Blanqui 75013 PARIS
Tél. (33) 1 44 08 69 30 - Fax (33) 1 44 08 69 40


retour à écrits sur la prison