LE MONDE DIPLOMATIQUE - OCTOBRE 1997 - Page 2



Prisonnière de Khiam

De passage à Paris, Mme Najat Bechara nous a fait parvenir la lettre suivante :

Je suis venue à Paris pour alerter l'opinion et les pouvoirs publics sur le sort de ma fille, Souha Bechara, détenue dans le camp de prisonniers de Khiam dans la zone occupée par Israël au Liban sud. Elle a été arrêtée le 7 novembre 1988 après avoir tiré, sans le tuer, sur Antoine Lahad, le chef de l'Armée du Liban sud.

Le 7 novembre prochain, Souha aura passé neuf ans en détention sans avoir jamais été jugée. Son avocate n'a jamais été autorisée à la rencontrer. Son père et moi ignorions tout de son sort pendant les sept premières années de sa détention. Depuis deux ans, je ne suis autorisée à la voir que quelques minutes tous les trois mois. Pour des raisons que nous ne nous expliquons pas, son père, âgé de soixante-six ans, n'est pas autorisé à lui rendre visite. Depuis son arrestation, Souha est privée de tous les droits : droit à un procès, à des soins médicaux, aux visites, droit à l'éducation.

Ma fille est détenue dans une prison hors de tout cadre juridique et de toutes les conventions internationales.

Je suis venue à Paris vous demander d'agir pour la libération de ma fille et de tous ses codétenus. Souha Bechara et cent cinquante autres hommes et femmes sont séquestrés dans une prison obscure. Je suis venue vous demander d'agir pour le démantèlement de cette prison. Une campagne internationale d'information et de sensibilisation, la mobilisation de l'opinion et des organisations de défense des droits de l'homme sont la seule forme de protection pour les détenus de Khiam. La solidarité est leur seul espoir de revenir un jour à la liberté et à la vie.

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