L'Odysée de mon coeur

J'ai abusé de mon temps. C'est sûrement le diable qui me l'a prêté.
Du temps prêté sur gage en échange de mon âme.
Le Démon ne s'est pas contenté que d'un seul morceau, il voulait tout avoir...
J'ai retrouvé mon âme dans les mains de Satan.
J'étais occupé à m'accrocher aux ailes de cet ange déchu par l'orgueuil, le mensonge et la haine.
Pourtant, tout comme lui, j'aurais aimé pouvoir voler...
Au delà des visages, au delà des images, au delà des douleurs mon coeur voyage.

Seul sur mon bateau, je n'avais plus envie de ramer,
Je voulais partir à la dérive, frapper les récifs de l'éternité.
Ma vie a coulé dans les entrailles de la terre, mes rêves se sont noyés dans les feux de l'enfer.
La danse du feu me berçait comme une vague, je me suis laissé flotter...
Au delà du rivage, au delà du mirage, au delà des pleurs, mon coeur nauffrage.

J'ai échoué sur la plage de "Bordeaux Beach".
Je m'y baigne dans l'oubli et l'illusion qu'un jour ni mur ni barbelés...
Il y a des jours où j'oubli que je sais que nager, que j'oublie ma propre identité.
Ce qu'il faut endurer pour trouver la vérité, trouver la liberté.

En cause de désespoir, je m'agrippe à la bouée de lumière qui flotte sur mon destin qui semble me tendre sa corde pour m'aider à m'évader...
Au de là de la rage, au de là sa cage, au de là des peurs, mon coeur sauvage.

Luc Markov

 


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e Poséidon, nous rassurerait.

Nous sommes l’oracle d’une civilisation perdu. Le ciel est muet, pas un son, pas l’ombre d’une plume à l’horizon. Acide inanimé, le paysage qui s’offre à nos yeux est d’Hadès. Ici sont morts les dieux. Tout est détruit. Dans le fiel du génome qui a tout machiné, nous nous sommes embourbé dans l’allée simple d’un non-retour. Aujourd’hui, nous contemplons l’héritage du grand responsable : sous le ciel de l’homo industriel...

Le vent est lourd de conséquences et le soleil d’acier. Notre programme de survie s’épuise. Décrypté, notre ADN se déforme à l’infini : notre fin est imminente. D’altérations en mutations notre raison cingle de Charybde en Scylla. Nos forces nous abandonnent. Nous ramons mais, n’avançons plus. Notre homniscience n’avait pas prévu l’imprévu : les marécages de l’inconnu, les longitudes, les latitudes corrompues. L’oeil dilaté, la lèvre boursouflée, la langue infecte, la gorge fiévreuse, notre soif de vie se soûle d’inexistence : nous sommes au bord de l’extinction et nous pensons encore à Ève... La vie nous quitte, la mort nous sourit : nous entendons la voix d’un autre monde : nous prêtons l’oreille à l’au-delà ; la voie persiste : existe... Notre coeur bat des records d’arythmies : d’inconsciences ; le chant de la sirène se fait d’instinct : Climax génétique ? Chant du cygne de la Terre ?

Esprit de l’univers ! Souffle des temps !

Où sont passés fleuves et rivières,
Esprit de l’atmosphère ! Souffle des vents !
Où est la glèbe de mes enfants ?

Esprit terrestre ! Essences sylvestres !
Où sont nos mers ? Où sont nos paires ?
Esprits des Celtes ! Essences des Druides !
Où sont nos forêts et leurs fluides ?

Esprit des steppes ! Jardins sans fin !
Blondeurs des blés ! Couleurs des prés !
Où est l’ébène ? Où est l’Éden ?
Où est la vigne ? Où est le vin ?
Où sont sèves, semences et pins ?

Règne végétal ! Règne animal !
Où est le gène original ?
L’élixir virginal ?

Esprit des Flore ! Souffles des Faunes !
Que sont devenus le Charme et l’Aulne ?
Brises Matinales ! Bises Champêtres !
Que faisait l’Érable au sein de l’Hêtre ?

Esprit de l’aire de la lumière !
Qu’on fait les hommes !
Où est mon Cèdre où est mon Orme ?

Essences des bois ! Parfums des breuils !
Où sont Roses et Chèvrefeuilles ?
Esprit des Cimes ! Faîtes des Au-delàs !
Où sont Cyprès et Séquoias ?

Aurore Primale ! Souffle Boréal !
Où est mon Frêne ? Où est mon Chêne ?
Où est le Gui ? Où est le Houx ?
Où est le Sel ? Où est la Vie ?
Où est le Celte ?
Où sont les Druides et leurs Magies ?
Où est le Houx ? Où est le Gui ?
Le Houx et le Tout de nos Vies ?

Aime le Souverain
Nicodème Camarda
9 février 2001


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