..où es tu jeune femme..?

Un pas en Terre Sainte

En réalité, David avait prit les trait d’un Goliath en expansion. Au début, les pierres que nous lui lancions, dans l’espoir de freiner ses appétits, n’eurent aucun effet : Sur la carte comme à table, son avidité territoriale dépassait l’entendement. Dans les deux camps, l’énigme des frontières ne se résorbait pas; l’hermétisme grandissant des factions ultra-religieuses minait toute tentative de dialogue ; Le vrai pouvoir c’était eux et, sous peine de représailles, les chefs d’états leur étaient soumis : dans ces conditions impossibles de négocier quoi que ce soit et dans sa tombe, Dieu ait son âme, Yitzhak Rabin, en savait quelque chose…

Dans la folie des combats, je me demandais, « Quelle était cette terre promise, cet éden, qui s’évanouissait sous nos pas? Sur le cruel échiquier de la vie nous n’étions que les pions d’une horrible main ; les hommes d’un immense abattoir qu’un bourreau déplaçait: des agneaux de sacrifice voilà ce que nous étions, voilà ce qu’au plus profond de moi je ressentais.

Quelle étrange Histoire que celle qui se répète ! Comme ces enfants victimes de viol et qui, à leur tour, violent d’autres enfants : il y a un terme clinique pour décrire ce genre de phénomène mais comme toi, je l’oublie Israël…

Aussi, je me demandais à quoi bon tout cela :

Pourquoi cette guerre, cette folie meurtrière ? Comment nos espoirs de paix et de liberté sont-ils devenus cet affreux cauchemar D’où viens ce mal qui s’abat sur nous et que peut-il résoudre sinon la perte de cette harmonie qui nous lie à la terre et aux choses de Dieu ? Ma liberté avait-elle vraiment besoin de cette tuerie pour qu’existe sous mes pas un lieu saint ? Et cette Jérusalem tant aimée, tant espérée, cette partie de moi même égarée, retranchée dans mes espoirs, qu'est-elle devenue ? Quelles sont ces forces qui en veulent à nos vies, à nos demeures et à nos terres ? Quels mystérieux enjeux se jouent de nous comme si nous n’étions que les ombres d’un vilain désert ? Et ces dirigeants cantonnés dans leur obscurité du bout du monde, désiraient-ils vraiment notre paix; oeuvraient-ils sincèrement en ce sens ? Et ces superpuissances, ces nations-unis, pourquoi en 67 ont-elles décidés du sort d’un peuple aux dépens d’un autre ? Comment peut-on, de bonne fois, désirer l’harmonie d’un pays en le divisant, en le morcellent ? Et cette paix, quel monstre, quel assassin, quel criminel de guerre, ne l’a désirait pas ; sous quel odieux mensonge, sous quelle répugnant masque dissimule-t-il le visage de sa perfidie ? Et ce nom, ce Scharonne qui résonne comme charogne, pourquoi l'as tu élu Israel : aurais-tu tué le bon pour élir le mauvais et la paix au dépend de la guerre ? Et ce sang sur tes mains, celui de nos enfants et des tiens, qui te le reprochera, qui te le réclamera et devant quels tribunaux ?

Jour et nuit, je pensais à toi Jérusalem, t’exhortant :

À quoi bon tes lieux Saints s’ils ne sont que cendres, incompréhensions, champs de batailles et injustices. Où es-tu donc terre du juste et de l'infini ?Qu’ont-ils fait de toi ? Pourquoi, ce sang sur tes mains que rien ne lave, pas même les pleurs de l’innocence ? De quelle humanité, de quel feu, de quelle furie, nos guerres se sont-elles inspirées pour qu’elles s’abattent encore et toujours sur toi ? N’y a t’il plus en ton coeur une terre qui soit sainte de ce crime qui est guerre ? Qu’elle est ce mal, ce mensonge, cette réalité qui te ronge et te frappe à coups d'attentats, de chars, de mitrailleuses, d'avions, de missiles et d’obus ? Quel est cet innommable ennemi, cette invisible terreur qui te dévore l’âme en éventrant tes dômes, tes mosquées, tes églises et tes synagogues ? Ne vois-tu pas que dans l'agonie de tes écoles, c’est l’espoir d’un monde meilleur qui agonise?

Et ce sang qui coule au loin dans les allées de nos villages, comme un torrent de vie et de mort, de lumière et d’obscurité, est-il vraiment un phare, un exemple à suivre pour les générations avenir? Et nos enfants, en qui, en quoi, croiront-ils ? En cette liberté qui crie terreur et vengeance dans les décombres de nos cœurs et de nos vies? Et dans ces cœurs et dans ces vies, quelles fleurs y déposeras-tu quand tout sera à feu et à sang ? Et ce sang, quel odieux empire l’a versé, quel immonde vampire l’a bu ? Pourquoi, là où aurait du se trouver le lieu Saint de nos familles et de leur ralliement, nos larmes ont-elles trouvé un trou béant, une fosse profonde; Cette blessure qu’aucun souvenir, qu’aucuns combats, qu’aucuns fait d’armes, qu’aucune Histoire ne sauraient combler ? Et pour qui, pourquoi? Au nom de qui, au nom de quoi d’autres Chabra et Chatila ?

Et toi ! homme à la bannière étoilé, fabriquant d’armes, ne sais-tu pas qu’en déclarant la guerre au terrorisme c’est à toi, aux tiens et à ce qui a fait la gloire de ta puissances que tu l’as déclarés! N’oublie pas, nouvelle Rome ! Que si le terrorisme était un homme ou un lâche, il serait le seul qui soit armé et masqué comme ce voleur de banque que tu maudis quand il vole et terrorise, à la pointe de son arme, tout un pays. Quant à ceux qui furent dépossédés de tout ; eux qui n’avaient d’autres défenses que leurs corps et leur courage, de quel terrorisme les accuseras-tu et à la pointe de quelle arme?

Moi je ne suis qu’un Palestinien qui refuse le martyr et qu’un écolier à ému et sauvé. Seulement, en décidant que mon pays –, mon âme –, n’avait pas besoin de son sacrifice pour exister, ai-je signé mon arrêt de mort ?

Dans l’horreur des combats, j’ai retiré mes bottes; comme au temple, je marche aujourd’hui en terre sainte; Sur ces chemins de rocs et de sables –, de disputes et d’incompréhensions, je me désamorce pour la paix, pour l’amour et la vie. À travers les larmes qui m’inondent, je redonne à mon combat un autre sens, un autre espoir, une autre voie.

Mais toi, de l'occident qui m’appelle terroriste, comme j’aimerais que tu y sois pour que tu comprennes, vraiment, la signification de ce mot que tu vomis sur moi et les miens ; car, ne l’oublie jamais, ce combat qui est toujours mien est aussi et surtout le tien… »

* Si comme Alexandre tu prétends à la vie éternelle, cherche-la sur les lèvres roses de cette ravissante beauté : paix et amour aux hommes de bonne volonté…

*Paroles d'hafez

Aime le Souverain
Nicodème Camarda
Nicodème 24 mars 2002


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